Portes ouvertes sur les négociations Séance 1
Lors de cette première séance, la direction s’est présentée avec un double objectif :
- Celui d’une mise à niveau initiale des négociateurs sur le cadre de négociation d’un accord IA dont les spécificités nécessitent une approche différente intégrant la rémanence des systèmes d’IA dont l’évolution permanente implique un dialogue social itératif. L’intervention d’une représentante de DIAL-IA, organisme paritaire d’acculturation à l’Intelligence Artificielle et de structuration du dialogue social, a permis d’éclairer les attendus essentiels que doit comporter un accord IA constructif et protecteur.
- Et la recension des attentes des organisations syndicales.
La FSU emploi réclame un accord sur l’intelligence artificielle à France Travail depuis des mois pour construire avec la direction et les organisations syndicales une gouvernance démocratique de l’IA.
Le déploiement des Systèmes d’Intelligence Artificielle (SIA) et de la numérisation au sein de France Travail intervient dans un contexte de transformation profonde du service public de l'emploi. Ces technologies sont fréquemment présentées comme des leviers d'efficacité.
Pour la FSU Emploi, elles soulèvent des questions cruciales quant au sens du travail, à l'autonomie des agent.es, à la charge mentale et au maintien du lien humain avec les usagères et usagers.
Les supposés gains d’efficacité et de productivité ou de temps dégagés par les outils d’IA ne devront en aucun cas se traduire par une augmentation des objectifs, ni entraîner une accélération de la cadence de traitement des dossiers, et encore moins être le prétexte à une réduction des effectifs.
C’est pourquoi une étude d’impact systématique (sur la charge de travail, les conditions de travail, les risques psychos sociaux - RPS, le maintien de l’autonomie décisionnelle, les qualifications, compétences et besoins de formation) dès le projet d’un cas d’usage IA est un des éléments incontournables devant figurer dans un accord IA, au même titre que l’organisation du suivi des SIA dans le temps (par le biais d’une commission permanente par exemple).
Pour la FSU Emploi, les SIA doivent, dans le cadre d’un strict libre choix d’utilisation, rester un outil maîtrisé par les agent·es. Ils doivent être au service du travail réel, garantir la protection des données des agent·es et maintenir la primauté de la décision humaine.
La FSU Emploi défend aussi :
- l’interdiction du management algorithmique et de la surveillance numérique,
- la transparence des systèmes d’intelligence artificielle (codes sources, prompts système, consommations énergétiques…),
- le droit d’information et la garantie des droits des usagers et usagères,
- la sobriété numérique.
La prochaine séance de négociation se tiendra le 20 octobre.
La FSU Emploi présentera ses réflexions et propositions pour cet accord IA, incluant tous les impacts de l’utilisation de l’IA, dont ceux sur la consommation énergétique et l’environnement.
La FSU Emploi prend part pour une délibération citoyenne sur les IA et militera pour empêcher tout usage des IA à France Travail qui participera à la suppression d’emplois, à l’intensification du travail, à l’automatisation déshumanisée des actes. (notre texte en ligne)