Assez de beaux discours sur la prévention : la FSU Emploi revendique du concret !
La France affiche la première place mondiale en terme de cancer du sein. Ainsi, elle a vu son taux d’incidence plus que doublé entre 1990, avec 29 970 nouveaux cas, et 2023, avec 61 214 nouveaux cas de cancers du sein. Le cancer du sein représente un tiers de l'ensemble des nouveaux cas de cancer chez la femme et la première cause de décès par cancer chez la femme.
Si 80% des cancers du sein atteignent des femmes de plus de 50 ans, seulement 44% en 2024 ont participé à la campagne de dépistage avec de fortes disparités selon les départements. Nous sommes donc très très loin des 70% recommandés pour faire baisser la mortalité !
Lorsque nous essayons de creuser ce qui se cache derrière ce chiffre alarmant et qui ne cesse de baisser, il apparaît que 65% des Français·es déclarent avoir dû renoncer à des soins au cours des douze derniers mois ; 11% de la population n’a pas de médecin (soit 6 millions de personnes) et 87% du territoire est classé en désert médical ! Et pour certaines spécialités, trouver des médecins en secteur 1 devient de plus en plus difficile, creusant un peu plus encore les inégalités de santé et les disparités territoriales.
La réalité, ce sont aussi des délais de plus en plus longs pour un rendez-vous de mammographie de dépistage – jusqu’à un an – et des femmes qui renoncent après avoir appelé plusieurs cabinets de radiologie. Le système de santé va très mal très mal. Le volet santé du budget est attaqué d’année en année. Celui à venir affiche une violence qui n’est même plus cachée.
On vient rajouter de la charge mentale à la charge mentale dans des réalités déjà remplies par la multitude d’ injonctions quotidiennes.
L’insidieuse mécanique qui permet de remettre à plus tard ce qui peut se transformer en un trop tard, s’installe de plus en plus avec des chiffres sur le taux de dépistage à la baisse d’année en année, tout en faisant porter, par le biais de communications omniprésentes sur le dépistage sans mettre les moyens concrets et efficaces en face, la responsabilité à la femme de ne pas s’être fait dépister à temps.
Alors STOP ! Arrêtons-nous dans la course à la mascarade, reprenons nos esprits ensemble et agissons pour une véritable prévention qui permettra des prises en charge précoces au coût bien moins lourd pour les femmes et pour la société.
France travail a engagé une démarche de responsabilité sociale et environnementale. Ainsi, elle met en avant le programme Cancer Work, relaie les initiatives d’Octobre Rose. Pour la FSU Emploi, cela ne « coûte » pas grand-chose à France travail.
Au regard de ces constats, et dans le cadre d’une politique de justice sociale et d’une réelle politique de santé publique, la FSU Emploi réclame l’instauration d’une journée de dépistage prise en charge par France travail avec la réalisation de ce dernier sur le temps de travail.
La FSU Emploi revendique la mise en place de camion « octobre rose » sur les départements ou l’accord d’une journée au mois d’octobre pour un RDV de dépistage ou une combinaison des deux propositions.
La prise en charge d’une journée sur temps de travail mise en place dans les pays nordiques (Danemark, Suède, Finlande, Norvège) permet d’atteindre aujourd’hui un taux de 80% de dépistage.


