Apporter une réponse politique globale et ambitieuse face à la menace masculiniste qui gangrène la société


Communiqué de presse FSU

Le Haut Conseil à l’Égalité (HCE) a publié son rapport annuel sur l’état du sexisme en France qui confirme la dérive inquiétante déjà pointée dans son rapport précédent : l’adhésion croissante des jeunes garçons aux théories et pratiques sexistes. Les résultats de ce nouveau rapport sont encore plus alarmants que le précédent au sens où l’adhésion aux théories masculinistes s’étend avec une ampleur inquiétante concernant tous les âges de manière croissante. Le HCE désigne aujourd’hui clairement le masculinisme comme une menace globale pour notre société.

Le HCE met en avant, à côté du sexisme paternaliste dont sont massivement victimes les filles et les femmes au travail, à l’école et dans tous les espaces sociaux, la montée d’un sexisme hostile ouvertement violent et auquel adhèrent dorénavant 17% de la population (près de 10 millions de personnes). Le rapport confirme que ce sexisme hostile n’est pas le fait d’actes isolés et s’organise en mouvements idéologiques collectifs imprégnant les jeunes générations et les moins jeunes par un bombardement massif de contenus numériques. Ces chiffres confirment les alertes de terrain remontées par les agentes de la fonction publique comme par les usagères des services publics.

La FSU rappelle que les violences faites aux femmes s’inscrivent dans un continuum qui va de l’environnement sexistes au travail et ailleurs jusqu’aux agressions, viols et féminicides. Le masculinisme est une idéologie dangereuse et réactionnaire qui banalise les violences contre les filles, les femmes, les minorités sexuelles et de genre et qui est portée principalement par les groupes d’extrême droite mais pas seulement. Elle est diffusée bien au-delà. 

Engagée de longue date contre toutes les violences sexistes et sexuelles, la FSU mène un travail militant conséquent : cellule de veille interne, stages de formation, outils pratiques pour les personnels. Elle porte ces combats dans toutes les instances, notamment pour exiger des mesures à la hauteur de ce fléau. Les équipes militantes ont d’ailleurs arraché des cellules d’écoute mais le manque criant de volonté politique et de moyens bloque leur opérationnalité. Dans nos ministères, les filles et les femmes ne sont toujours pas assez protégées quand elles dénoncent les violences et le système patriarcal institutionnalisé organise encore aujourd’hui et beaucoup trop l’impunité des auteurs.  Elle porte également ces combats dans les mobilisations et les cadres unitaires larges pour obtenir notamment une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles.

La FSU soutient l’ensemble des préconisations du rapport, au premier rang desquelles les séances EVARS obligatoires et financées, dont le rôle préventif est essentiel. Face à cette offensive idéologique, la FSU ne lâchera rien et appelle à être nombreuses et nombreux dans l’action et dans la rue le 8 mars. Car défendre l’égalité, c’est aussi combattre partout le sexisme et cette menace réactionnaire et viriliste qui menace les droits acquis comme ceux à encore conquérir et veut ramener les femmes à l’invisibilité et à la soumission.



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