10ème anniversaire de la loi du 13 avril 2016 visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes concernées.
Cette loi abolitionniste a permis de :
- Renforcer les moyens de poursuite contre la traître des êtres humains et le proxénétisme : supprimer le délit de racolage passif, et ainsi considérer les personnes en situation de prostitution comme des victimes et non plus des délinquantes.
- Améliorer la prise en charge des victimes de la traite des êtres humains et du proxénétisme (dispositions en matière de logement, de revenu de substitution, de protection et de réparation aux victimes).
- Offrir aux personnes victimes la possibilité de bénéficier d’un parcours de sortie de prostitution et d’insertion sociale, avec une prise en charge et un accompagnement.
- Pénaliser les clients en interdisant tout achat d’actes sexuels et en les sanctionnant d’une contravention de 1 500 euros - 3 750 en cas de récidive.
- Créer des commissions dans chaque département et confier au représentant de l'Etat la prérogative de protéger les personnes victimes de la prostitution, du proxénétisme ou de la traite des êtres humains et de leur fournir l'assistance dont elles ont besoin.
Cette loi représente une étape majeure pour le respect des droits humains et pour l’égalité entre les femmes et les hommes.
La FSU emploi réaffirme sa position abolitioniste, ne s’attaquant pas et ne remettant pas en cause les personnes en situation de prostitution mais d’autres acteurs : les réseaux mafieux, les clients, les proxénètes.
Le client est celui qui achète un acte sexuel par l’argent ; le proxénète est celui qui tire profit de la prostitution grâce à l’argent des clients et à l’exploitation sexuelle du corps de personnes se prostituant.
Le système prostitutionnel est donc le système qui autorise et organise l’achat et la vente de l’accès au corps d’autrui. Il est massivement genré : les femmes en sont les principales exploitées (85% à 90% parmi ces dernières, 60 % seraient mineures) et les hommes les acheteurs.
Ce système prend racine dans diverses oppressions et se trouve à la croisée de toutes les dominations : patriarcat, racisme, capitalisme, colonialisme et aussi la guerre et la militarisation. Il cible les groupes les plus précaires sur le plan social, économique, géographique et ethnique.
En France, il est estimé que 40 000 personnes sont en situation de prostitution.
La marche mondiale du 12 avril 2026, pour l’abolition du système prostitutionnel a rassemblé des survivant.es et leurs allié·e·s, uni·e·s par une même exigence de justice sociale, d’égalité et de dignité. Bien au-delà de la célébration de la loi abolitionniste française, cette mobilisation internationale a porté un message fort : réaffirmer l’abolition du système prostitutionnel partout dans le monde et exprimer une solidarité sans faille avec toutes les victimes de ses violences.
Sources et pour en savoir plus :
- OCRTEH (Office Central pour la Répression de la Traite des Êtres Humains)
- Étude Last girl first étude réalisé par Hema SIBI de Cap international (en lien ici)
- https://mouvementdunid.org/



