Quand la canicule augmente les inégalités femmes/hommes.


Face à la chaleur extrême, les risques ne sont pas les mêmes pour toutes et tous.

Les épisodes de canicule se multiplient sous l'effet du dérèglement climatique.  Face à la chaleur extrême, les risques ne sont pas les mêmes pour toutes et tous.

Les femmes sont davantage exposées aux conséquences sanitaires, professionnelles et sociales des fortes chaleurs. Cette réalité reste largement invisibilisée dans les politiques de prévention.

Des risques réels, mais des inégalités ignorées :

Les études scientifiques montrent que les femmes subissent davantage les conséquences des vagues de chaleur :

  • Les femmes représentent une part majoritaire des décès liés aux canicules.
  • Leur organisme évacue généralement moins efficacement la chaleur.
  • La grossesse, le cycle menstruel et la ménopause peuvent accroître la vulnérabilité aux fortes températures.
  • Les femmes âgées et les femmes précaires sont particulièrement exposées.

La canicule provoque : déshydratation, épuisement, coups de chaleur, aggravation des maladies cardiovasculaires et respiratoires, augmentation des hospitalisations et de la mortalité.

Au travail les femmes paient le prix fort : la chaleur extrême révèle et accentue les inégalités professionnelles. Les métiers majoritairement occupés par des femmes (accueil, accompagnement, administration, nettoyage, aide à domicile, insertion, formation, emploi, travail social) sont souvent insuffisamment protégés contre les fortes chaleurs.

Dans ces professions, les locaux sont parfois mal adaptés, les marges de manœuvre sur l'organisation du travail sont limitées, les équipements de protection sont insuffisants, les risques professionnels liés à la chaleur restent sous-évalués.

À cela s'ajoute une réalité bien connue : les femmes assument encore majoritairement les tâches domestiques, le soin aux enfants, aux personnes âgées ou dépendantes. La canicule augmente cette charge invisible.

Trop souvent les conditions de travail sont conçues sans les femmes, les normes de confort thermique et de prévention ont longtemps été construites à partir de références masculines.

Résultat : des températures de travail souvent trop élevées, une prise en compte insuffisante voire inadaptée des besoins spécifiques des femmes et une invisibilisation des effets différenciés de la chaleur selon le genre.



La FSU Emploi revendique

  • La reconnaissance des effets différenciés de la canicule sur les femmes.
  • L'intégration systématique de l'égalité femmes-hommes dans les plans de prévention des risques climatiques.
  • L'aménagement immédiat des conditions de travail : avec des horaires adaptés, du télétravail lorsque cela est possible, des pauses supplémentaires.
  • Des locaux correctement rafraîchis et un accès permanent à l'eau.
  • Une protection renforcée pour les femmes enceintes, les agentes vulnérables et les travailleuses exposées.
  • La formation des encadrantes & encadrants et du personnel aux risques spécifiques liés à la chaleur.
  • Une véritable politique de santé au travail intégrant la dimension de genre.

La canicule n'est pas seulement une question météorologique. C'est une question de santé publique, de conditions de travail, d’égalité professionnelle et de justice sociale et climatique.

La santé des femmes ne doit plus être la variable d'ajustement des politiques publiques et des organisations du travail.



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