Explication de vote de la délégation FSU Emploi
CSEC 12 octobre 2026
Comme en 2024, la Situation Economique et Financière 2025 traduit les décisions gouvernementales, l’application de la loi Plein Emploi avec la poursuite de la transformation-destructuration de France Travail comprenant :
- Des économies à tous les étages par les contraintes financières, avec + de 200 millions d’euros non exécutés et des dépenses d’intervention qui baissent de + de 210 millions d’euros ;
- Toujours moins de formations qualifiantes pour nos publics, toujours moins de financements des dispositifs nationaux et régionaux (-138 millions d’euros soit – 22% !) au profit d’aides directes aux entreprises en hausse de plus de 100 millions d’euros (soit +10%). Le projet professionnel des DE passe ainsi à la trappe et les dégâts de la politique de l’offre poursuit ses dégâts ;
- L’accompagnement à deux vitesses et le renforcement de la coercition par une hausse du contrôle de la recherche d’emploi.
A la lecture des éléments fournis par la direction et du rapport d’expertise, il ressort que :
- Le total des ressources est en baisse de plus de 100 millions d’euros par rapport à 2024 et même de 160 millions d’euros par rapport au budget voté ;
- L’Etat décide des priorités mais ne finance pas puisque sa subvention baisse encore violemment (-183 millions entre budgets 2025 et 2026 soit une baisse de 14 %) et son financement complémentaire s’effondre (- 180 millions d’euros soit -37%) : c’est la capacité d’intervention des collègues auprès des usagères et usagers qui est fortement diminué ;
- Les effectifs ont baissé de 281 ETP en 2025 après une baisse de 93 en2024...malgré des missions supplémentaires contenues dans la Loi dite « Plein emploi » et un chômage en hausse constante depuis début 2026 ; Et 515 ETP sont prévus à la suppression dans le budget 2026, prolongé par l’annonce de la suppression de 400 postes edans le cadre du Projet de Loi de Finances pour 2027 ;
- France Travail continue de devoir financer certains “partenaires” sur son propre budget (Cap emploi, Missions locales, France services) en lieu et place de l’Etat ;
- Même si la sous-traitance entame une baisse dont on pourrait se réjouir, si les prestations étaient réinternalisés, interroge quant au désinvestissement de l’Etat de sa mission de service public de l’accompagnement.
L’étude de la situation économique et financière 2025 a permis de confirmer l’éclairage de la stratégie de la Direction sur :
- le RETOUR SUR INVESTISSEMENT (ROI) ou comment choisir de supprimer des prestations, des formations, des services qui n’emmèneraient pas suffisamment vite ou en nombre les privé.es d’emploi vers l’emploi, en calculant des gains FIPU !
- Le même ROI étant utilisé pour les ressources (nombre d’agents, activités redéployées ou supprimées etc.. ) et donc pour le plan d’EFFICIENCE que nous subissons actuellement (Fonctions support dans un premier temps avant de subir la seconde vague en lien avec l’augmentation de l’utilisation de l’IA dans notre quotidien). Pourtant, si l’on peut comprendre l’intérêt de ce type de démarche dans une entreprise privée, cette méthode est dangereuse dans un service public comme le notre. Nous alertons sur l’intensification du travail qu’elle va induire.
Cette course aux gains (de productivité, d’efficience, financiers etc.) n’a pas lieu d’être et oblige France Travail et son personnel à gérer la pénurie, ne plus comprendre les changements incessants de priorités provoquant une perte de sens au travail, et subir toutes ces “transformations” et cette intensification du travail afin d’atteindre les objectifs sur lesquels la Direction s’est engagée.
Le personnel de l’établissement et les usagers n’ont pas à payer la note de ces décisions et de cette politique du “Faire plus avec moins !”
- L’Etat doit refinancer notre service public de l’emploi.
- La volonté gouvernementale annoncée de supprimer 400 postes dans le cadre du Projet de Loi de Finances 2027 doit être abandonnée. Au contraire, une hausse du plafond d’emploi (en CDI) doit être décidée pour le budget 2027 afin de répondre de manière concrète aux injonctions gouvernementales, aux nouvelles missions et à l’augmentation de la charge de travail.
- Face à l’augmentation de la DEFM induit par l’inscription obligatoire, le budget d’intervention doit être revu à la hausse.
La délégation FSU Emploi a donc exprimé un vote contre dans le cadre de la consultation sur la Situation Economique et Financière 2025 de France Travail.
La FSU Emploi appelle l’ensemble des collègues de l’établissement à se mobiliser massivement pour un budget 2027 à la hauteur des besoins des services public le jeudi 5 novembre prochain.


